JAMES BROWN

Né en 1951 à Los Angeles, Californie

Vit et travaille à Oaxaca, Mexique

 

James Brown a quitté New York où il possède un atelier, a délaissé Pais où il s'était fixé à partir de 1980, pour s'installer en paix dans une hacienda retirée, en plein milieu des cactus calcinés d'Oaxaca, au Mexique. Au Mexique, James Brown s'est réfugié dans une maturité intense. Il s'active à la préparation d'expositions à Berlin, à Bologne, à New York ou à Paris. Magnifique parcours d'artiste qui le conduit, après des études, en 1975, à l'Ecole des beaux-arts de Paris, à montrer un art se référant aussi bien au maniérisme de l'art italien qu'à la simplicité dense des arts premiers de l'Afrique, en passant par la gestuelle d'un Cy Twombly. En cela, James Brown ne pratique pas un modernisme de rupture. Au contraire, il attise depuis ses premières expositions – chez Castelli à New York, chez Lelong à Paris ou chez Lucio Amelio à Naples – un art de la mémoire, de l'espace juste et de la sonorité picturale. Ses premiers tableaux, au début des années 80, font directement référence aux masques d'idoles, grands visages violacés, orbes tracés dans la terre de Sienne et griffures du trait à fleur de toiles. L'artiste vient, après le minimalisme, dire avec éclat l'intense pouvoir de la peinture et sa passion à parcourir les salles du musée du Louvre et celles du musée des Arts d'Afrique et d'Océanie. Sculptures de terre vernissée, semblables à des urnes funéraires du Japon, collages de papiers de lin accompagnés d'objets trouvés, tels des boutons de nacre ou des scarabées d'or moiré, peintures abstraites gorgées de la jouissance retenue de la couleur : l'art de James Brown évoque toujours une forme qui s'évapore, affleure le sens, la figuration, pour s'en détourner jusqu'à l'évanouissement.

 

Extrait du texte de Laurent BOUDIER paru dans FIGARO MADAME.